Pise

Histoire

Au 11 s., Pise est un port de commerce très actif, rivalisant avec Gênes et Venise. Avec les Génois, les Pisans entreprennent une lutte victorieuse contre les Sarrasins et s'emparent de la Sardaigne, de la Corse, des Baléares. En 1099, ils participent à la première Croisade. Le 12e et le 13e s. voient l'apogée de la puissance et de la prospérité pisanes, marquées par le développement des arts et la fondation d'une importante Université.
Galilée (1564-1642). — Astronome et physicien, Galilée utilisa le Dôme de sa ville natale pour déterminer les lois du mouvement oscillatoire du pendule et la mesure de sa période. Il se servit de la tour penchée pour étudier les lois de la chute des corps et de l'accélération de la pesanteur. Défendant la théorie de la rotation de la terre autour du soleil, il eut des démêlés avec les scholastiques, tenants de la tradition, et dut abjurer sa doctrine devant le Tribunal de l'Inquisition, en ajoutant, désespéré : “et pourtant, elle tourne...”

Les arts

Architecture religieuse pisane (12e et 13e s.).
Elle se manifeste non seulementà Pise mais aussi sur tout le territoire de l'archevêché qui en dépendait (Lucques, Pistoie, Prato, Arezzo) et même en Sardaigne et en Corse, alors possessions pisanes.
Les façades à pignon sont appareillées de marbres blancs et verts. En bas, des arcades aveugles sont décorées de cercles et de losanges; au-dessus, plusieurs étages de loggias à colonnettes portent un décor d'ornements géométriques ou d'animaux, tels que des lions, d'inspiration orientale. Arcades, loggias, arcatures se répètent sur les côtés et l'abside.

Les Pisano: Une dynastie d'artistes.

L'école pisane de sculpture est caractérisée par' la sobriété et la stylisation : elle est illustrée essentiellement par la famille des architectes-sculpteurs Pisano.

Piazza del Duomo (Place du Dôme)

Il faut y pénétrer à pied à l'Ouest par la porte Santa Maria (plus connue sous le nom de Porta Nuova) d'où la perspective est remarquable sur les édifices de la place dont le côté Sud est bordé par l'hôpital Santa Chiara (13e s.).

Dôme (Duomo)

Cet édifice, de style roman-pisan (1068-1118), est en marbre de couleurs alternées. Les architectes en furent Buscheto, dont la tombe se trouve sur la façade à gauche, et Rainaldo, auteur de cette façade. Celle-ci présente une élévation d'une ordonnance harmonieuse et légère avec des arcades aveugles, une frise sculptée d'animaux et 4 étages de 54 colonnettes de marbre.
Les portes de bronze, faites d'après les projets de Jean Bologne (1602), représentent la Vie de la Vierge au centre, la Vie du Christ sur les côtés. Face à la tour penchée, la porte du transept droit a d'extraordinaires vantaux romans très stylisés, en bronze, par Bonanno Pisano, retraçant la Vie du Christ.
L'intérieur, à 5 nefs, est très imposant avec ses 100 m. de longueur, ses 30 m de largeur, ses 68 colonnes monolithes. Le plafond à caissons a été rétabli après l'incendie qui endommagea une partie de l'édifice en 1596. Le transept comporte trois nefs.
L'admirable chaire de Giovanni Pisano, détériorée par le feu, a été reconstituée en 1926 avec les fragments originaux. La cuve est soutenue par 6 colonnes de porphyre et 5 piliers décorés de statues : ce sont la Foi, l'Espérance, la Charité au pilier central, dont le socle est orné des 7 Arts Libéraux; sur les côtés, Saint Michel, les Evangélistes portant le Christ, les Vertus Cardinales soutenant l'Eglise qui nourrit les Deux Testaments, Hercule et le lion de Némée. Les panneaux de la cuve sont d'une vie extraordinaire; séparés par des Prophètes, ils évoquent la Naissance de saint Jean-Baptiste, la Visitation et la Vie du Christ.
Face à la chaire est suspendue la « lampe de Galilée », en bronze, du 17e s. Le sacristain, en imprimant des oscillations à cette lampe au moment où il l'allumait, aurait inspiré à Galilée sa théorie des mouvements isochrones.
Sur le maître-autel, le Crucifix est une oeuvre de Jean Bologne. Derrière le maître-autel on remarque une belle Déposition de Croix peinte par le Siennois Sodoma (16e s.). Sur un pilier, à droite du choeur, un tableau représentant sainte Agnès par Andrea del Sarto fait face à une Madone de Sogliani (16e s.). Les stalles Renaissance à marqueteries ont été refaites au 17e s.: l'une d'elles, à gauche du maître-autel, représente les monuments de la piazza del Duomo.

Baptistère (Battistero).

Il est en marbre. Commencé en 1153, il fut terminé au début de 1400. Les deux premiers étages sont romans, les gâbles du 14e s. Bâti sur plan circulaire, il est couvert d'une coupole d'un aspect original, surmontée d'un lanternon et d'une statue de saint .Jean-Baptiste.
Le portail principal, du 13e s., est encadré de colonnes ornées de motifs sculptés: au linteau, la Vie de saint Jean-Baptiste; sur les piédroits, les Travaux des mois et les Apôtres. L'intérieur, impressionnant, compte 35 m de diamètre : il faut y entendre se répercuter avec force un écho remarquable. La cuve baptismale (1246), en marbre, servait aux baptêmes par immersion.
La chaire (1260) est de Nicolò Pisano : ses sculptures, dont la f acturr est inspirée de l'art romain (sarcophages du Campo Santo), évoquent la Nativité, l'Adoration des Mages, la Présentation au Temple, la Crucifixion, le Jugement dernier.

Tour penchée (Torre pendente)

Servant de campanile et de beffroi, la tour est de style roman dans l'ensemble. En marbre blanc, elle fut commencée en 1174 par Bonanno Pisano, terminée en 1350. Son inclinaison viendrait d'un affaissement de terrain ou d'un défaut de fondation. La montée, par un escalier de 294 marches, donne la curieuse sensation d'être entraîné du côté où la tour penche. Du sommet, panorama sur la ville.

Cimetière (Campo Santo)

Le cimetière, fondé au 13e s., est entouré de charniers ; le Campo Santo (Champ Saint) proprement dit, formé avec de la terre du mont du Calvaire, rapportée par les Croisés, est entouré par des galeries gothiques pavées de 600 pierres tombales ; la chapelle, à l'Est, est coiffée d'une coupole. En 1944, une bombe endommagea les galeries.
Les célèbres fresques des galeries datent des 14e et 15e s. Plusieurs ont été anéanties, d'autres, restaurées, sont exposées dans une salle aménagée spécialement. Le long des murs, sarcophages gréco-romains, tombeaux, sculptures.
Galerie Est : dans la chapelle s'ouvrant sur cette galerie, fresques du 14e s.
Galerie Ouest : de gauche à droite, fresques contant l'Histoire d'Esther (1585) et l'Histoire de Judith (1607); au centre, chaînes du port de Pise.
Galerie Nord: le mur était couvert par 23 admirables « Scènes de l'Ancien Testament» (1468-1484), de Benozzo Gozzoli, partiellement détruites, puis restaurées (dans la chapelle). Dans une salle à laquelle on accède par la galerie Nord, est conservé le Triomphe de h Mort, immense et célèbre fresque, qui serait due au Florentin Bonamico Buffalmacco (1ère moitié du 14e s.), illustrant la brièveté et la vanité des plaisirs de ce monde; en face, Jugement dernier et Enfer.

Musée des Sinopies (Museo delle Sinopie)

Installé dans l'hôpital Santa Chiara. Il regroupe les sinopies (esquisses aux contours rouge brun, parce qu'en terre de Sinope), révélées par le bombardement de 1944, des fresques du Campo Santo.
Au 1er étage, dès le palier, trois gigantesques panneaux supportent les sinopies des fresques attribuées à Buffalmacco: l'Histoire des Pères de l'Eglise, le Jugement dernier, l'Enfer et le Triomphe de la Mort (14e s.). A côté, vaste sinopie de la Crucifixion (la première réalisée pour le Campo Santo, vers 1320 ou 1330) par Francesco Traini, artiste pisan dont le style rappelle Simone Martini et Lippo Memmi. Sur la plate-forme, suspendues à deux longs panneaux, d'autres sinopies témoignent de la virtuosité de quatre maîtres florentins du 14e s.: Taddeo Gaddi, Andrea Bonaiuti, Antonio Veneziano, Spinello Aretino. Vient ensuite la grande sinopie de la Cosmographie Théologique par Piero di Puccio (14e s.), d'Orvieto.
Du même auteur, au rez-de-chaussée : Couronnement de la Vierge ; Histoire de la Genèse. Sur les murs du rez-de-chaussée et sous la plate-forme : sinopies du Florentin Benozzo di Lese, dit Gozzoli.

Musée National (Museo Nazionale)

Il a été installé avec goût dans le couvent San Matteo dont les salles sont disposées autour d'un cloître du 15e s. Les premières pièces du rez-de-chaussée contiennent les oeuvres de sculpture médiévale d'école pisane : il faut s'arrêter spécialement dans celle consacrée à Giovanni Pisano. Dans la salle suivante est présentée la merveilleuse statue en bois de la Vierge de l'Annonciation par Andrea Pisano.
Au 1er étage sont exposés un rare fragment de polyptyque de Masaccio, et les collections de peinture. D'émouvants et hiératiques Crucifix de l'école pisane précèdent deux des chefs-d'oeuvre de Pise : une délicieuse Madone allaitant sculptée par Nino Pisano, et le célèbre polyptyque de Simone Martini, remarquable par la douceur triste dont sont envahis les personnages.

Piazza dei Cavalieri

Cette place, centre historique de Pise, a conservé son cadre ancien des 16e et 17e s. Elle tient son nom des a Cavalieri di Santo Stefano, chevaliers de St-Etienne, ordre militaire spécialisé dans la lutte contre les Infidèles. L'église et le campanile Santo Stefano ont été bâtis en 1569, sur les plans de Vasari.
A gauche de l'église, le palais des Cavalieri a une façade décorée en 1562 par Vasari.
Du même architecte est le palais de la Gherardesca. En 1288, Ugolin della Gherardesca, ses fils et petits-fils furent condamnés à mourir de faim dans l'ancienne prison située à droite de l'entrée: Dante a évoqué cet épisode dans sa «Divine Comédie».

Église Ste-Marie (Santa Maria della Spina)

Du début du 14 s., elle est isolée sur les quais de l'Arno et a l'apparence d'une châsse toute ciselée de gâbles, pinacles, statues et statuettes de l'école des Pisano.

Église St-Paul (S. Paolo a Ripa d'Arno)

Façade de style romano-gothique pisan.

Église Ste-Catherine (Santa Caterina)

Harmonieuse façade de style gothique pisan. Dans la nef, à gauche, une Apothéose de saint Thomas peinte par Traini (14e s.), un Sépulcre et de fines statues de Nino Pisano, en particulier une Annonciation.

Marina di Pisa

C'est une plage fréquentée, à l'embouchure de l'Arno, où l'on pêche au printemps les civelles, jeunes anguilles, à l'aide de vastes filets à mailles très fines. Belle vue sur Livourne et possibilité d'agréables promenades dans la pinède. Non loin de là, s'étend une autre pinède, immense, appartenant au domaine de San Rossore, jadis propriété des Médicis, puis de la maison de Savoie, actuellement de la présidence de la République.

San Piero a Grado

La basilique romane St-Pierre-du Quai, en belle pierre dorée, est située sur un quai de l'ancien port de Pise où saint Pierre aurait débarqué, venant d'Antioche. L'abside à 3 absidioles, décorées de losanges et de cercles alternés, est particulièrement remarquable. Le campanile a été détruit en 1944. A l'intérieur, des fresques du Trecento représentent la Vie de saint Pierre et de saint Paul.

Chartreuse de Pise (Certosa di Pisa)

La chartreuse forme un bel ensemble de bâtiments des 17e-18e s., l'église baroque se détachant au milieu d'une immense façade. Dans le couvent, on visite un petit cloître du 15e s. et un grand cloître classique orné d'une amusante fontaine : vue sur un amphithéâtre de montagnes et la forteresse de la Verruca (13e s.).

 

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