Salvator Rosa à Naples

L'artiste est né à Naples en 1615 et mort en 1673 à Rome. Il a travaillé dans sa ville natale, à Rome, à Florence, mais dans son coeur il restait toujours napolitain.

Il s'est exprimé à travers diverses formes artistiques - il était aussi poète satirique, acteur, musicien et graveur - comme beaucoup d'artistes de la période baroque. Mais dans Rosa nous trouvons ce « désaccord » qui distingue toute une génération d'artistes, qui se posent en manière fortement critique dans les comparaisons du pouvoir politique et religieux. Rosa n'est pas Le Bernin qui travaillait pour les papes. Dans un temps où les artistes devaient humblement se soumettre à leurs employeurs, les papes, les cardinaux, les rois, Rosa avait une fière indépendance. C'était un esprit romantique avant la lettre.

Salvator Rosa a inventé la peinture romantique-impressionniste, mais l'exposition illustre un autre aspect de la prolifique production de Salvator Rosa, c'est-à-dire ses compositions de personnages de sorcellerie, les allégories philosophiques, les histoires sacrées et mythologiques.

Un bel exemple est le Phryné et Xénocrate. Nous citons le texte de Diogène Laërce (La Vie des plus illustres philosophes de l'Antiquité): "Xénocrate, fils d'Agathénor, était de Chalcédoine. Il fréquenta l'école de Platon dès sa jeunesse, et le suivit en Sicile. Il avait la conception si lente, que Platon disait, en le comparant avec Aristote, que l'un avait besoin d'éperon et l'autre de frein. Comment, disait-il encore, atteler un âne si lourd avec un cheval si prompt? Xénocrate avait l'air sévère et retenu, ce qui donna occasion à Platon de lui dire qu'il devait prier les Grâces de le rendre plus agréable. Il vécut la plupart du temps dans l'académie; et on dit que lorsque quelque raison l'obligeait d'aller à la ville, les gens turbulents et débauchés s'écartaient de son chemin pour le laisser passer. Phryné, fameuse débauchée, l'accosta un jour, dit-on, sous prétexte qu'elle était poursuivie par des libertins ; par bonté il la fit entrer chez lui, et n'y ayant qu'un lit, elle le pria de lui en céder la moitié, ce qu'il fit ; enfin, après qu'elle l'eut tenté inutilement, elle se retira, en disant qu'elle ne sortait pas d'auprès d'un homme, mais d'une statue. On dit aussi que les disciples de Xénocrate ayant conduit Laïs auprès de lui, il aima mieux endurer des blessures que de manquer de continence. Il avait la réputation de posséder tant de bonne foi, que, quoique personne à Athènes ne fût admis à rendre témoignage sans le confirmer par serment, on le dispensa de cette loi." Refuser l'amour était un péché selon l'âge baroque.

Ou encore le Scylla et Glaucus. Scylla était une belle jeune nymphe qui repoussait tous les hommes et en particulier le dieu marin Glaucus qui était fou amoureux d'elle. Ce dernier demanda à la magicienne Circé de lui fabriquer un philtre magique pour conquérir l'insensible Scylla. Circé tomba amoureuse de Glaucus qui la repoussa et pour se venger elle transforma la belle Scylla en un monstre hideux qui enleva et dévora six compagnons d'Ulysse. Plus tard elle fut changée en rocher. En face de Scylla se trouve Charybde, un autre monstre marin.

Sur son Autoportrait on trouve sa devise: Aut tace aut loquere meliora silentio (Tais-toi, à moins que ce tu as à dire vaille mieux que le silence).

Autoportrait
Phryné et Xénocrate
Sorcière
Glaucus et Scylla
Le sabbat des sorcières

"Salvator Rosa. Tra mito e magia"
Naples, Museo Nazionale di Capodimonte, du 19 avril au 29 juin 2008

www.museo-capodimonte.it

 

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